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Gestion de groupement forestier, Plan Simple de Gestion



Cubage

Les difficultés du cubage

Enjeux

Pour connaître le prix d'un lot d'arbre d'arbre sur pied ou debout il faut en premier lieu effectuer un cubage. C'est à dire que l'on va prendre ses mensurations diamètre à 2-3 endroits et sa longueur. La difficulté est pour les arbres debout. Outre le tarif, le volume déterminé par le cubage est critique pour valoriser le lot.

  • Le cubage au sol ne présente pas de difficultés. Il est fiable.
  • Le cubage des arbres sur pied n'est qu'une estimation.

Si le cubage d'un arbre abattu est simple et précis, celui d'un arbre sur pied n'est qu'une estimation. Sur les trois critères à prendre en compte, seule la grosseur est facilement mesurable. La hauteur et la forme de l'arbre ne peuvent être appréciées qu'approximativement.

  • La grosseur est mesurée en diamètre à 1,30 m de hauteur ou en circonférence à 1,50 m du sol. La première méthode est généralisée en forêt domaniale alors que la seconde est fréquente en forêt privée. La mesure se fait avec un ruban gradué ou un compas forestier (grand pied à coulisse). Pour les lots comprenant un nombre important d'arbres, la grosseur est ventilée en classes (de 5 cm en 5 cm pour le diamètre ou de 10 cm en 10 cm pour la circonférence). Des abaques donnent alors les volumes selon les mesures effectuées. Par exemple, les arbres de 146 cm ou de 152 cm de circonférence sont comptabilisés dans la classe 150.
  • La hauteur, la première difficulté consiste à définir à quel niveau de l'arbre il faut arrêter la découpe. Si en règle générale, cela se situe à 60-70 cm de circonférence (soit 20-22 cm de diamètre), la configuration de l'individu est à prendre en compte. Par exemple, la présence d'une fourche, située même plus bas, déterminera le niveau marchand. Cette hauteur peut être estimée au jugé à condition d'avoir un œil exercé, comme celui des professionnels réalisant fréquemment des cubages. Il est vrai que se tromper de 1 m sur la hauteur entraîne peu d'écart sur le volume. Pour plus de certitude, il est possible d'avoir recours à un instrument spécial appelé dendromètre, mais cet appareil coûte cher. A défaut, la croix du bûcheron est un système simple, à la portée de tous.

Estimation d'une hauteur à l'aide de la croix du bûcheron


  • Prendre deux crayons (ou bâtons) de même dimension (sur le schéma : ab = oh)
  • Placer le premier crayon en position horizontale et le deuxième en position verticale.
  • Se placer face à l'objet à estimer (ici un arbre), à une distance voisine approximativement de sa hauteur.
  • Faire coïncider sur une même ligne, le pied de l'arbre, le bas du bâton et son œil.
  • Faire de même, en se déplaçant si nécessaire, pour que coïncident le haut de l'arbre, le haut du bâton et l'œil.
  • Lorsque les deux extrémités de l'arbre correspondent bien aux extrémités du bâton, mesurer la distance entre soi et l'objet. (BC sur le schéma)

La hauteur de l'arbre (ici AB) est alors égale à la distance BC.

La croix du bûcheron se fabrique aisément sur le terrain.
Le dernier paramètre à relever est la forme de l'arbre. Celui-ci n'étant pas un cylindre, il faut apprécier la décroissance métrique moyenne, c'est-à-dire le nombre de centimètres que l'arbre perd sur sa circonférence par mètre de hauteur. C'est, sans conteste, la notion la plus délicate à appréhender et qui influe fortement sur le volume. Il est recommandé de profiter d'arbres abattus, sensiblement de même forme, pour effectuer des mesures. Sachez que les sujets issus de futaie dense ont une meilleure forme et que les arbres épars sont plus coniques.
Une autre technique se pratique, l'utilisation d'une perche de 3 à 4 mètre de long. Avec l'usage et de l'expérience, on se place derrière la perche à une distance qui permet d'estimer le nombre de fois la hauteur de la perche contenue dans l'arbre. Cette méthode plus simple reste aproximative mais meilleure que le simple jugé!
Reste maintenant à calculer le volume. Mathématiquement, grâce à la grosseur à hauteur d'homme et à la décroissance métrique moyenne, on détermine la circonférence à mi-hauteur marchande. Le volume est trouvé grâce à la formule C2 x h, Fort heureusement, il existe des tarifs, abaques comme pour cuber un arbre abattu. 4 tarifs de cubage qui donnent directement le volume en fonction des trois paramètres. Le plus connu est la série des tarifs de cubage Chaudé. Il existe des tarifs pour les résineux, feuillus applicables suivant la morphologie du peuplement.

En pratique, sur le terrain:
  • pour une essence comme le chêne, il est indispensable de relever par pied la grosseur, la hauteur et les qualités de bois.
  • pour des essences aux formes assez homogènes comme le douglas, épicéa, peuplier et les pins, on relève toutes les grosseurs mais on affecte une hauteur découpe unique à chaque classe de circonférence.